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La densité régionale d'infirmières libérales est fortement corrélée au nombre d'actes de nursing, selon une étude de la Drees

« L'analyse de la répartition territoriale des infirmiers libéraux n'est pas suffisante à elle seule pour appréhender l'offre libérale disponible. Il convient de s'intéresser également aux deux types d'actes prodigués par les infirmiers : les soins de nursing ou actes infirmiers de soins (AIS) et les actes médicaux infirmiers (AMI) ». C'est ce que souligne la Drees dans une étude (n°759) parue en mai 2011 qui porte sur la situation démographique et les trajectoires professionnelles de la profession infirmière. La Drees estime que les infirmiers, « en particulier les infirmiers libéraux », ne sont « pas bien répartis entre les régions et ces fortes inégalités spatiales ne se sont pas réduites depuis 10 ans ». Les migrations régionales sont « peu fréquentes » mais se font « toujours au profit (ou au détriment) de certaines régions ». Classiquement, les régions du Sud profitent de ces flux migratoires. Les hommes sont plus enclins à changer de mode d'exercice et à choisir de s'installer en libéral.

La densité régionale d'infirmiers libéraux est, selon cette étude, « positivement et fortement corrélée au nombre d'actes par habitant cotés en AIS mais pas au nombre d'actes par habitant cotés en AMI. « Tout se passe comme si les actes cotés en AIS répondaient davantage à une logique d'offre. Ainsi, plus la densité d'infirmiers libéraux est élevée, plus l'activité en soins de nursing est importante, traduisant une concurrence intense entre professionnels », souligne l'étude de la Drees qui cite une étude réalisée par la Cnamts en 2001 (1). 

Par ailleurs, l'étude observe une « corrélation positive » entre la densité régionale d'infirmiers et la part des infirmiers de 50 ans ou plus. « Ceci devrait favoriser une plus grande uniformisation de la répartition territoriale des infirmiers, les départs en retraite étant appelés à être à l'avenir plus nombreux dans les régions actuellement les mieux dotées », notent les auteurs. Ceux-ci ajoutent cependant que de nombreux autres facteurs peuvent influencer la répartition géographique des professionnels (flux de formation, migrations, etc.).

LES INFIRMIERS D'EHPAD PLUS MOBILES QUE LES AUTRES 

Ainsi, l'étude observe que des changements de mode d'exercice sont nettement plus fréquents chez les hommes, les jeunes et les salariés. Selon le répertoire Adeli, chaque année en moyenne entre 2004 et 2008, 2,6 % des infirmiers âgés de moins de 65 ans changent de mode d'exercice entre deux années consécutives. Les infirmiers sont proportionnellement plus nombreux à changer de mode d'exercice que les infirmières. Avant 30 ans, les hommes sont plus enclins que les femmes à changer de mode d'exercice : 7,3 % des infirmiers âgés de 25 à 29 ans le font contre 5,1 % des infirmières de la même tranche d'âge. En revanche, après 30 ans, les écarts hommes/femmes se réduisent. Les infirmiers libéraux sont proportionnellement moins nombreux à changer de mode d'exercice que les infirmiers salariés. En moyenne chaque année, 1,4 % des infirmiers libéraux quittent l'exercice libéral pour un autre mode d'exercice, contre 2,8 % des infirmiers salariés. 

Ce sont les infirmiers non hospitaliers salariés d'un établissement pour personnes âgées qui ont la plus forte propension à changer de mode d'exercice (en moyenne 6,1 % chaque année contre 2,6 %). Les infirmiers salariés quittant un Ehpad se dirigent en majorité vers le secteur non hospitalier et, dans une moindre mesure, vers l'hôpital public ou le secteur libéral.

EFFETS CUMULATIFS IMPORTANTS DES CHANGEMENTS DE RÉGIONS

Les infirmiers qui changent de région d'exercice d'une année sur l'autre sont assez peu nombreux au regard du nombre d'infirmiers en activité. En moyenne, 1,1 % des infirmiers âgés de 20 à 65 ans, actifs pendant deux années consécutives, ont changé de région d'exercice entre ces deux années.

« Mais ce résultat ne reflète pas les disparités entre régions », observe la Drees. En effet, l'Île-de-France, le Centre, la Champagne-Ardenne, la Corse et les départements d'outre-mer (DOM) sont les régions que quittent le plus les infirmiers. L'étude insiste que le fait que « même si le solde migratoire d'une région est relativement faible, il a tendance à être soit toujours positif, soit toujours négatif, ce qui peut avoir des effets cumulés importants sur le long terme ». Ainsi, les DOM, le Limousin, la Corse, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Languedoc-Roussillon sont les régions les plus attractives, alors que l'Île-de-France, l'Alsace et le Centre enregistrent des soldes migratoires négatifs.

À noter que les infirmiers salariés des hôpitaux publics cessent leur activité en moyenne à 56 ans, les salariés des hôpitaux privés à 59 ans et les libéraux à 61 ans. Les infirmiers libéraux ne quittent « pratiquement pas » l'exercice libéral avant 50 ans. En moyenne, 12 % des infirmiers quittent l'exercice libéral à 60 ans et 8 % à 65 ans. Au total, près de la moitié des infirmiers ont quitté l'exercice libéral avant 61 ans et les trois quarts des infirmiers libéraux ont cessé leur activité avant 64 ans.

 

(1) « L'activité des infirmières libérales », Dossier Études et Statistiques, n° 52, novembre 2001. 

Au 1er janvier 2010, près de 520 000 infirmiers en activité en France sont recensés par le répertoire Adeli. Cette profession a vu ses effectifs multipliés par 1,7 en 20 ans. Ils ont cru à un rythme bien supérieur à celui de la population. En conséquence, la densité d'infirmiers a fortement augmenté. En 2010, on compte plus de 800 infirmiers en activité pour 100 000 habitants. Cette profession, très majoritairement féminine (88 % des effectifs), travaille principalement à l'hôpital public (49 % des effectifs).
infirmieresContact : Drees, Marie-Blanche Nicolaï, presse, 01 40 56 81 28, marie-blanche.nicolai@sante.gouv.fr
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